Petites nouvelles des Jardins de Tessa, 30 septembre et 2 octobre 2008

On est occupés, occupés.
On a fait presque toutes les récoltes de pommes de terre la semaine passée, profitant du beau temps sec, idéal pour une bonne conservation des tubercules par après. Alors ça va bien.

Les couleurs du chou-fleur
Dans le panier de cette semaine, il y a des chou-fleurs croquants, qui fondront dans la bouche une fois cuits... Certains paniers contiennent le traditionnel chou-fleur blanc, tandis que d’autres recèlent une variété moins connue, d’une belle couleur mauve qui fera sans doute fureur dans une assiette de crudités (avec de la trempette au curcuma jaune fluo, peut-être?). En le cuisant à la vapeur quelques minutes, ce mauve tournera au bleu-indigo. Apparemment, contrairement au fushia de la betterave par exemple, ce bleu ne tachera pas les autres légumes dans un mélange. À voir.

La préparation des courges d’hiver pour les paresseux
Un défi de la préparation d’une courge d’hiver fraîche consiste à la trancher en deux. Si ceci vous a par le passé découragé d’en faire l’essai, voici un truc qui vous fera peut-être changer d’avis. Faites-la pré-cuire partiellement jusqu’à ce que la peau soit assez tendre pour être facilement transpercée par un couteau avant de vous y attaquer.
Rincer la courge à l’eau froide et bien l’essuyer. Mettre au four à 350 ºF et faire cuire juste assez pour que la peau cède sous la pression de l’ongle, ce qui prendra de 15 à 20 minutes dans la majorité des cas. On peut alors en toute facilité la trancher en deux, retirer la pulpe fibreuse et les graines, puis procéder selon la recette choisie: soit en enfournant la courge à nouveau après l’avoir assaisonnée pour la servir rôtie, soit en la pelant avant de l’ajouter à une soupe, un ragoût, ou encore en finir la cuisson à la vapeur et en faire une purée, etc...

Potage d’automne courge et poireaux
Un potage orangé velouté, auquel la Buttercup de cette semaine se prête bien.

2-3 beaux poireaux, parés, avec leurs feuilles
1 c. à thé de thym séché
2 c. à table de beurre ou huile d’olive
La chair d’une courge d’hiver orangée, cuite
6 t. de bouillon ou d’eau
Sel marin et poivre frais
Crème sûre ou yogourt au goût

Parer les poireaux signifie simplement en trancher le bout avec les racines, en retirer les feuilles abîmées ou trop sales, et les nettoyer méticuleusement. Pour ce faire, on tranche le fut du poireau (la partie blanche et compacte) pour le séparer des feuilles, à l’endroit où l’on est assuré qu’aucune terre n’est cachée entre les épaisseurs. On garde habituellement les premiers 2/3 des feuilles pour les recettes, pas plus. Trancher la partie du fut qui contient un peu de terre en 2, sur sa longueur, et séparer les feuilles. À l’eau courante, laver les feuilles une à une, en inspectant chaque côté, puis rincer le fut. Ça y est, c’est paré!

Dans un chaudron à soupe, faire fondre le beurre à feu moyen, et y mettre à revenir les poireaux grossièrement tranchés et le thym. Ajouter un peu d’eau après 2 minutes et couvrir pour finir d’étuver à feu doux, environ 5 minutes. Ajouter le bouillon et la chair de courge et porter à ébullition. Laisser mijoter 10 minutes. Assaisonner au goût.
Passer au mélangeur et servir avec un peu de crème sûre dans chaque bol.
Donne 8 portions.

Écolo, au-delà des apparences...?
Au retour de la foire Écosphère de la fin de semaine dernière, je souhaite partager une réflexion.
On l’a dit, en tant que consommatrices-teurs, on a vraiment un pouvoir immense sur la situation de notre planète. Et ce pouvoir, je crois qu’il est au service de nos valeurs uniquement si on en est pleinement conscient-e, et si, bien sûr, on en fait usage. Autrement dit, l’étiquette verte est de nos jours utilisée à toutes les sauces, et qui ne sait distinguer les valeurs respectives des termes « naturel », « vert », « écologique », « biologique », « éthique », et « équitable », est un poisson facile à prendre pour vendeurs opportunistes. Y’a une nouvelle piasse à faire dans un marché où les gens sont « vaguement écolo ».
Puisse nos questionnements s’approfondir et permettre la mise au jour des mécanismes-mêmes qui empoisonnent la vie sur Terre. Maintenant serait le bon temps.
(à suivre, je serai plus articulée la prochaine fois....)
MCB, rédactrice de feuille de chou