Petites nouvelles des Jardins de Tessa, 24-26 juin 2008

Dans les champs
On vient de passer le solstice d’été, temps du jour le plus long et de la nuit la plus courte de l’année. C’est donc l’apogée du cycle solaire, à partir duquel le jour subtilement, tout en dispensant chaleur et abondance, entame son déclin qui se poursuivra jusqu’au cœur de l’hiver.

Cette année, l’été se fait un peu attendre semble-t-il, avec des températures plus fraîches qu’à l’habitude et beaucoup d’orages. Ça nous ralentit un peu au champ, parce qu’on évite le plus possible d’y entrer avec le tracteur pour sarcler lorsque le sol est trempé (ça compacterait trop le sol, et en plus c’est beaucoup moins efficace que par temps sec). Alors, les « herbes non désirées », ou mauvaises herbes, s’en donnent présentement à cœur joie. On doit aussi retarder la taille de nos plants, en prévention des maladies du feuillage. Les fréquentes pluies nous donnent donc un petit défi dans la gestion de notre travail, mais ceci mis à part, les plants ne semblent pas s’en plaindre, et tout pousse bien.

Tout le monde les aime, les rabioles du printemps!

Les rabioles sont de petits navets qui aiment la fraîche et l’humidité, et qu’on récolte donc plutôt au printemps ou à l’automne. À ce temps-ci de l’année, elles viennent tout juste de sortir du champ et sont vibrantes de vitalité. On peut les servir crues en apéritif avec une trempette, coupées en bâtonnets et arrosées d’un peu de jus de citron, ou encore les introduire dans toute soupe aux légumes, pour en rehausser le goût. Certaines personnes préfèrent en enlever la peau, au goût plus prononcé, surtout lorsqu’elles sont servies crues.

Leur chair délicate et parfumée est aussi appréciée dans les sautés ou comme légume d’accompagnement, cuite quelques minutes à la vapeur et servie avec du beurre, des fines herbes et un peu de sel. Leur feuilles sont gorgées de calcium assimilable et donnent un potage sans pareil.

Comme le dit si bien notre pragmatique maraîcher: « Les rabioles sont un peu piquées, ce qui fait des petits cratères dans leur peau. La mouche du chou a déjoué même notre bâche… eux-autres aussi aiment ça, des belles rabioles toutes tendres… Mais mieux vaut voir des bibittes que de manger des pesticides! Ça fait qu’il faut les éplucher un peu.»

LES FLEURS D’AIL
Allium sativum, Garlic tops

Les fleurs d’ail sont un légume délicat prisé des Méditerranéens. Elles peuvent être mangées crues, hachées finement et ajoutées aux salades, et sont délicieuses en morceaux dans des sautés, attendries par la cuisson (les mettre au début, comme pour les oignons). Elles se conservent à merveille hachées, et couvertes d’huile d’olive dans un pot fermé au réfrigérateur. On peut alors s’en servir comme condiment. De saveur plus douce que le bulbe, elles sont d’un usage plus discret, et portent elles aussi des vertus médicinales renommées.

Une bonne façon de profiter des fleurs d’ail qui pourraient s’accumuler : couper tout un paquet en morceaux d’un dizaine de centimètres chacun et les cuire à la vapeur. On peut les servir en vinaigrette ou en sauce blanche, ou simplement avec du beurre, comme on le ferait avec des asperges. Les fleurs d’ail sont aussi bien agréables coupées en petit morceaux et jetées dans une soupe ou un plat mijoté en fin de cuisson. Il suffit d’enlever le bout plus mince de la fleur, qui est plus fibreux, et tout le reste se mange!

Divine bette-à-carde

Faute d’espace, une introduction détaillée aux délices de la bette-à-carde devra attendre un prochain bulletin. Disons tout de même qu’elle s’apprête comme l’épinard lorsque dépouillée de sa carde (sa tige centrale. Bien que certains en ajoutent un peu, crue aux salades, elle se mange en général bien cuite. Essayez-la entière, à la vapeur, avec un peu d’huile ou de beurre, citron, ail, tamari… mmm…

Joyeuse Saint-Jean à tous nos partenaires, et retrouvons-nous mardi prochain 1er juillet pour un panier, même si c’est un congé férié.